Ah non, ce n'est pas ça l'expression populaire. Mais plutôt (et moi aussi je parle comme un charretier, ptit clin d'oeil à Terf) qu'un avis c'est comme un trou du cul, tout le monde en étant doté de façon plus ou moins innée. Même (et surtout, d'ailleurs) les Madame Michu (également appelées ménagères de moins de 50 ans qui aiment bavasser sur tout et rien, surtout les sujets qu'elles ne maîtrisent absolument pas, tant qu'à faire).

D'habitude, les avis des Madame Michu, je m'en bats les ailes d'une force assez phénoménale pour ne même pas y penser. Et puis aujourd'hui, je ne sais pas, peut-être un effet de l'influence lunaire, ou quoi, je me suis sentie sortir littéralement de mes gonds en lisant les noooombreux commentaires madame-michuesques à propos de cet article publié sur le site du Nouvel Obs. Alors bon, là je me dois aussi de préciser que le site du Nouvel Obs est devenu depuis quelques temps aussi pertinent intellectuellement que la rubrique des chiens écrasés de la feuille de chou locale. Entre les erreurs d'orthographe, de grammaire et/ou de conjugaison, l'intérêt certain des articles pour peu que l'on soit déjà un lecteur assidu de "Détective" (franchement mais merde, qu'est-ce qu'on s'en fout de savoir que le mec qui a été assassiné a été énuclé scalpé gnagnagna? Stoppez ce voyeurisme immonde bordel de merde!), il va de soi que "le niveau baisse" (Panem et circenses hein...).

Et donc, en lisant vite fait cet article sur l'acharnement thérapeutique, qui est un sujet qui m'intéresse énormément, que je maitrise suffisament pour savoir de quoi je parle, et surtout auquel je suis "confrontée" quotidiennement parlant dans mon exercice professionnel (je rappelle une fois de plus que je travaille depuis 2 ans dans un foyer d'accueil médicalisé pour adultes polyhandicapés, et que sur 39 résidents il y en a environ hum, 37 concernés par l'acharnement thérapeutique à la naissance), je m'attendais à des réactions posées, pertinentes et saines. Et bien entendu, j'y ai lu tout le contraire, absolument l'opposé parfait de ce que je m'attendais à y trouver. Des avis basiquement sans intérêt, de personnes qui ne savent pas de quoi elles parlent, ni de quel type de handicap, ni de quel quotidien. Des personnes qui s'offusquent car ô mon Dieu les ignobles parents ont réclamé 500.000 euro de dommages parce que des toubibs se sont acharnés pendant 30 minutes, 30 longues minutes, sur le corps sans vie (et surtout sans oxygène) de leur nouveau-né, le réanimant sans même se fixer de limite dans le convenable et le souhaitable pour l'avenir de cet enfant.

OUI, réanimer quelqu'un, enfant, nouveau-né ou adulte SANS OXYGÉNER SES ORGANES VITAUX (dont l'encéphale), c'est une pure hérésie, une erreur médicale, un acharnement thérapeutique.

OUI, leur enfant vit, mais QUELLE VIE? Polyhandi, il ne parle pas, ne voit pas, n'entend pas, ne bouge pas, est nourri par GEP (par sonde), fait dans des couches jour comme nuit. A-t'il même 'conscience' d'être là? Quelle vie lui a-t'on offert, quelle vie a-t'on imposé à ses parents qui doivent se battre pour lui trouver une place en structure, pour acquérir du matériel sur-mesure extrèmement coûteux et qu'il faut renouveller très souvent.

Voilà, ma colère s'apaise un peu, je vais clôre mon ptit billet puisque les madame Michu concernées ne risquent pas de venir par ici, mais putain, ça me fout vraiment hors de moi ce genre de réaction (un peu comme quand on fait une sortie avec nos résidents et qu'on se fait tous regarder de traviole) (Genre "Ah, ils sortent les monstres, le cirque est en ville").

Alors j'invite toutes les Madames Michu qui me diront que les parents feraient mieux de remercier à l'infini ces médecins qui ont sauvé leur enfant à venir passer une journée et une nuit au FAM où j'officie, histoire de voir un peu de qui on parle...

(Bon oué j'ai conscience que c'est chaud de commenter un billet comme ça, mais là fallait que je crache mon venim)